Gent Wevelgem la classique Flandrienne qu’on préfère.

Cette course représente la pure philosophie du vélo flandrien.

Regarder son palmarès et les podiums pour bien comprendre la difficulté de cette épreuve.  
Coincée entre le tour des Flandres et Paris Roubaix, avant elle se tenait le mercredi, ce qui permettait aux équipes de maintenir la pression entre les deux monuments du dimanche.

En 2011, l’UCI transforme son calendrier pour lui offrir une plus grande renommée encore. Merci.

Environ 250kms, son nom est désormais « In Flanders Field » et le départ a lieu pour les 10 prochaines années depuis Middelkerke sur la cote Belge.

Le parcours est Franco-Belge et traverse les plaines agricoles des Flandres, battues par le vent, les faux plats, et les giboulées de Mars.

Le franchissement d’une dizaine de « bergs » vient définitivement dynamiter cette course d’usure. (Cassel, Catsberg, Monteberg, Kemmelberg,…) Les pavés, eux, représentent moins de 6kms, mais tous en montée, dont le fameux Kemmel Berg avec ses 22% de pente !

Si vous résistez aux coups de bordures du début de course et à l’écrémage des 100 premiers kilomètres, alors, peut-être, que vous serez placés pour être dans le bon coup du final.

Il n’est jamais question de chance ici mais bien de savoir rouler en peloton, savoir ressentir le bon coup, la météo, le placement, scruter les visages pour jauger ses adversaires.

Les écoles de cyclisme doivent impérativement montrer cette course et les techniques de placement face au vent de travers, de face ou de dos… Le briefing d’avant course a toute son importance pour savoir ou les équipes vont durcir l’épreuve.  

Une bordure ouverte par vos concurrents, et si vous êtes mal placé, alors votre effort pour ne pas sauter vous fera monter l’acide, et rentrer sur le peloton grillera des cartouches utiles pour le final. Les images par hélicoptère démontrent ces phénomènes avec un effet télévisuels incroyable.

Ici on ne parle que de costauds, pas de place pour l’improvisation.

Par la même occasion, en analogie avec la première guerre mondiale (WW1), dont on traverse la ligne de front en permanence, ici c’est un territoire splendide, colorée, et riche de ses exploitations agricoles centenaires, mais avec une météo défavorable (Vent, pluie, grêle) cette splendeur se transforme à nouveau en territoire hostile et incertain.

Ajoutez à cela des routes avec un revêtement parfois aléatoire et c’est l’assurance d’un grand spectacle de guerriers du cyclisme. Le final permet souvent de « flinguer » ses adversaires pour un sprint en comité restreint.

C’est la guerre, mais c’est celle qu’on aime. Bravo messieurs les coureurs.