Les conseils de LASTCOBBLE pour rouler efficacement sur les pavés des Flandriennes.

Les pavés du Nord et de Belgique sont célèbres dans le monde entier.

Une célébrité, il est vrai, un peu partagée avec nos amis Parisiens de la butte Montmartre depuis la victoire de Wout Van Aert sur le tour de France et sous la pluie.

 Ils représentent un défi unique pour tout cycliste et c’est ce qu’on aime, les défis.  Instables, irréguliers, glissants avec la pluie ou la poussière, ils exigent une technique bien spécifique pour être franchis avec efficacité mais jamais avec confort. On parlera ici de matériel adapté, de finesse de pilotage et d’attitude globale sur le vélo.

Une position adaptée pour absorber les chocs

La première clé pour rouler efficacement sur les pavés est d’adopter une position souple mais très gainé au niveau de la ceinture abdominale. Ici on ne se relâche pas, il est crucial de rester dynamique. Les bras, eux, doivent toujours être légèrement fléchis afin d’agir comme des amortisseurs naturels.

Être crispé, à vouloir serrer le cintre, c’est l’assurance d’être rigide et d’amplifier les vibrations et donc la fatigue. Les mains en haut du cintre permettent d’avoir une position bras fléchis et donc un bon amortisseur, mais cela peut être problématique si on doit freiner en urgence. Main en bas du cintre, c’est idéal pour être à l’attaque et avoir les manettes de freins sous les doigts. C’est à coup sûr moins confortable pour les cervicales qui agissent comme un deuxième amortisseur après les bras.

Après les bras, les mains doivent toujours être souple et parfois « laisser aller » la direction là ou elle veut aller, vouloir corriger sa trajectoire sans cesse est source de contrainte et de tension. Bizarrement on a le sentiment que c’est l’arrière du vélo qui guide les trajectoires, c’est sur les pavés qu’on s’en rend compte. Et bien sûr, au risque de décevoir Tom Boonen, on met des gants pour éviter les frictions et les cloques sur la paume des mains.

Ensuite, le bassin doit rester légèrement en arrière de la selle et le poids réparti de manière équilibrée entre l’avant et l’arrière du vélo. Trop de charge à l’avant rendra le guidage imprécis, tandis qu’un excès à l’arrière limitera l’adhérence de la roue avant.

Enfin les jambes, elles vous permettent de mettre du braquet, d’appuyer fort sur les pédales pour maintenir la vitesse. C’est un effort de « pistard » ou de sprinteur qu’il faut répéter à chaque secteur pavé. Avoir des grosses cuisses est un avantage.

La particularité de rouler sur des pavés en montée est également une technique à maitriser pour accomplir les Flandriennes. Si on a assez de vitesse et une bonne cadence de pédalage, on va tressaillir sur les aspérités, la roue arrière va sauter, on sera ballotté à droite et a gauche mais on passera, au courage, avec les pulsations au maxi. Si on adopte une vitesse plus lente, quasiment en mode « trial », on passera en gardant le poids du corps sur l’avant de la selle, les mains très relâchées, mais attention à ne pas être trop à l’arrêt, car on ne repartira pas vu la pente et le manque d’adhérence.

Bien évidemment tout cela est démultiplié en cas de pluie…Monter le koppenberg ou le Paterberg par temp humide devient alors un défi quasi insurmontable. Vous voulez essayer ?

Choisir la bonne trajectoire, chacun pour soi !

Sur les pavés, il n’y a que 3 ou 4 règles.

1/ Parce que les routes sont « bombées » du fait des passage de roues des engins agricoles, le haut du pavé reste la trajectoire qui ne présente pas de surprises et qui vous maintient en ligne droite. Ça « tabasse » fort mais ça passe toujours. Si par malchance on est embarqué vers le bas-côté, parce que ça glisse par exemple, ou qu’un concurrent vous double en frottant légèrement, il faut tenter de rétablir la trajectoire, mais on perd toujours un peu de vitesse.

2/ Le bas-côté de la route est tentant car souvent lisse et donc un peu comme un sentier de Gravel. Mais ils cumulent des graviers et des pavés qui se désolidarisent de la route, parfois saillants, c’est donc un risque de crevaison ou de chute accrue. En cas de pluie, à proscrire car l’eau ne permet pas de voir ou on pose ses roues.

3/ Le regard doit être porté loin devant ! si on regarde sa roue avant on ne va pas appréhender la fin du secteur, on va réduire sa vitesse, on va subir la route. Regardez loin et votre cerveau va mémoriser les zones à éviter. Il faut dompter la route et se concentrer sur sa vitesse élevée, sa posture et sa cadence de pédalage. Faites confiance à votre vélo, il ne cassera pas. Il va vibrer et trembler autant que vous, mais il ne cassera pas.

4/ Les virages sont à passer le plus vite possible sans trop se pencher et mettre d’angle. C’est subtil mais l’adhérence n’étant pas votre alliée, il faut alléger l’avant du vélo pour ne pas trop appuyer sur le cintre et donc glisser de l’avant, mais à l’inverse, trop appuyer sur les pédales vont faire chasser la roue arrière et vous faire un « tête à queue ».  Il faut donc pédaler « rond » sans a coup, et porter son regard sur la sortie, en virant parfois très large pour arrondir l’angle du virage et donc ne pas trop se pencher.

Quel Vélo ? quels pneus ?

La technique du pilote sur le vélo est primordiale, on vient de le voir.

Le matériel joue un rôle très important. Une pression de pneus légèrement réduite améliore le confort et l’adhérence en permettant au pneu d’épouser les irrégularités. Des pneus plus larges sont également recommandés pour avoir un effet « ballon » et mieux amortir les chocs. Le vélo Gravel cumule ces avantages, mais attention il est souvent plus lourd avec des pneus très larges pour les sections de routes. Bref, tout est question de nuance et de compromis. Un vélo de cyclo-cross est aussi une bonne alternative. Le choix des braquets doit permettre de conserver une cadence souple sans forcer exagérément. Un pédalage en souplesse limite la fatigue musculaire et favorise un meilleur contrôle. À Paris Roubaix on n’utilise jamais le petit plateau, contrairement au tour des Flandres et à Gand Wevelgem.

En synthèse, un vélo de route avec des pneus en section 28 à 32 mm, Tubeless pour réduire la pression du pneu, est idéal.

Sinon votre vélo habituel fera l’affaire, rassurez-vous, même avec des pneus en chambre à air plutôt bien gonflés, pour ne pas « pincer ». Vous ressentirez un peu plus les aspérités des pavés mais vous irez au bout, avec le sourire.

L’attitude globale

La posture mentale est déterminante. Les pavés demandent de la concentration, mais aussi du relâchement. Il faut accepter les vibrations et accompagner le mouvement plutôt que lutter contre.

Avec l’expérience, en tenant la roue d’un cycliste local par exemple, on développe des automatismes qui rendent ces sections moins intimidantes. Rouler sur les pavés des Flandriennes est un exercice exigeant, mais extrêmement formateur. En combinant une position souple, une bonne lecture du terrain et une gestion intelligente de la vitesse, on transforme cette difficulté en véritable plaisir. Avec un peu de pratique, les pavés ne seront plus un obstacle, mais un terrain de jeu unique.

2 des 5 monuments du cyclisme Mondial sont à base de routes pavées. Il n’y a pas de mystère. A faire au moins une fois dans sa vie de cycliste, avec LASTCOBBLE.