Pourquoi le Cyclo Cross aide à savoir rouler sur les pavés ?

La pratique du cyclo-cross développe une excellente maîtrise du vélo sur toutes les surfaces qu’elles soient glissantes, rugueuses ou sableuses. C’est un peu comme savoir-faire du VTT avec un vélo de route équipé de pneus à mini crampons (Limité à 33mm de largeur par le règlement UCI)

Cela permet de développer une grande agilité pour choisir ses trajectoires notamment grâce à l’adhérence de la roue avant en virage, et la motricité de la roue arrière en relance après virage. Maitriser le braquet à utiliser pour disposer rapidement de toute la puissance de vos jambes est également un facteur clé ; 

D’un point de vue physique, ceux qui n’ont jamais rouler sur un circuit de cyclo-cross auront du mal à appréhender cette thématique. Cela est un peu comparable en course à pied au « cross » en sous-bois face à un 10km sur route réalisé tranquillement.  

Il faut donc développer une aptitude à encaisser les efforts cardiaques violents et répétés, a chaque sortie de virage, chaque « bosse », chaque passage très boueux où il faut souvent sauter du vélo, le porter et courir, également lors de passage d’escalier. Il n’est pas rare de devoir « relancer » sur quelques secondes, près de 30 ou 40 fois par circuit de 3 ou 4 kms. Également le corps doit être souple et agile pour avoir une posture flexible en toute circonstance mais fortement gainé pour envoyer un maximum de puissance vers le bas du corps.

D’un point de vue du pilotage, savoir « sauter » par-dessus des racines, des flaques de boues ou les planches fixes, donne un avantage de quelques secondes, répété autant de fois que le circuit compte de tour (Entre 6 et 9 en général, mais on compte plus souvent en temps, c’est-à-dire une heure environ)

Développer ces qualités est indispensable ou du moins un atout sérieux pour négocier les pavés, les relances explosives, le placement en « frottant » dans le peloton à l’approche d’un secteur pavé, et les conditions météo difficiles des classiques flandriennes comme le Tour de Flandres ou Paris Roubaix.

En effet on ne craint pas la pluie, la boue ou le vent, lorsque l’on patauge tous les WE d’hiver dans la boue des cyclos cross Belge ou Néerlandais.

A titre d’exemple, le belge Roger De Vlaeminck détient toujours le record de victoire sur Paris Roubaix, en étant l’un de plus grand cyclo crossman des années 70. Il faut également citer Lars BOOM, Thibau Nys, Zdenek STYBAR (3 titres de champions du monde), et bien sur les deux légendes contemporaines que sont Wout VAN AERT et Matthieu VAN DER POEL (8 titres de champions du monde de cyclocross) Chez les filles, Lucinda BRAND, Shirin van ANROOIJ, Célia GERY, Zoe BACKSTEDT, Marianne VOS ou Pauline FERRAND PREVOT sont des habituées des hivers passés à se défier sur les courses de cyclo cross mondiales.

Alors la réponse à la question posée est un grand OUI. Cela aide fortement d’être un très bon cyclo-cross man pour gagner les flandriennes. Mais, le contre-exemple est également flagrant, Johan MUSSEUW, Fabian CANCELARA ou Tom BOONEN en sont les preuves vivantes !

Tant qu’il y a des questions il y aura des débats. Ce qui ne fait pas débat c’est la religion du cyclo cross les WE d’hiver en Belgique ou au pays bas.